Catégories

25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 15:17
Et voici le texte de Bastien concernant les cours en extérieur.
 
 

Ce qui m’a le plus marqué pendant ce cours est l’ensemble du travail effectué pour se mettre dans l’état mental, voire spirituel, adéquat pour la séance. 

La première étape est celle de la concentration. La concentration sur les sens : sur le jo (vue, toucher), sur les sons de l’environnement (ouïe), sur les odeurs et sa respiration (odorat), sur son état physique intérieur (proprioception, équilibre, etc) et sur son hara. Dans chaque exercice, la concentration ne peut être pleine que sur une seule sensation à la fois : un seul sens, et un seul stimulus : un seul chant d’oiseau, une seule aspérité du jo, une seule odeur de sous-bois. Mais au delà des sens, le but de la concentration est de vivre pleinement et uniquement l’instant, condition nécessaire à la manifestation du hara. 
Cet état n’est pas exactement celui que l’on recherche pour la pratique mais peut être un intermédiaire intéressant dans la relaxation physique et la clarté mentale (conscience de l’instant) qu’il permet.

L’état que l’on recherche est celui de l’écoute, c’est à dire la connexion aux autres. Cette connexion est visuelle (d’ailleurs utiliser sa vision périphérique peut aider à se détacher de la concentration) mais également, et surtout, via la respiration du hara (kokyu). 
Paradoxalement, compte tenu de ce nom, ce qui différencie fondamentalement cet état du précédent est sa réciprocité : je suis à l’écoute des autres et les autres sont à mon écoute. Il y a interaction réciproque, permise par le hara, capable de donner et de recevoir simultanément. 
L’écoute permet d’agir de concert avec l’autre, d’être en harmonie avec lui plutôt qu’en réaction, qui, par essence, implique un temps de retard, ainsi qu’un moment de crispation du corps.

Durant la pratique, en état d’écoute, la vitesse perd de son importance au profit de la concomitance, le « timing de l’harmonie» en quelque sorte : être au bon endroit au bon moment. Comme l’écrivait La Fontaine : « Rien de sert de courir ; il faut partir à point. » J’ai l’impression d’effleurer une vérité métaphysique très fondamentale que j’ai du mal à appréhender et encore plus à formaliser. Le fameux paradoxe de l’instant d’éternité : un intervalle de durée nulle, donc de vitesse nulle, à la fois impossiblement éphémère et parfaitement immobile.

Bastien

Partager cet article
Repost0

commentaires