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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 14:13

J'ai commencé l'aïkido il y a maintenant un peu plus de 25 ans et la découverte du hara ne s'est pas faite tout de suite, car j'ai pratiqué pendant plusieurs années avec maître Guiral sans même m'être seulement posé la question.  

 

La compréhension de cette notion est arrivée bien avant la sensation ( encore l'intellect qui travaille, réfléchit et empêche cette écoute profonde! ) Faut-il en passer par là? 

C'est en premier lieu au cours d'un stage où étant Uke, je me suis retrouvée dans une aspiration et une incapacité de maîtriser mon corps lors d' une attaque que j'avais volontairement initiée. Le contact n'était pourtant pas présent mais ce "vide" entre le partenaire et moi était comblé par quelque chose d'extrêmement puissant qui en me contrôlant respectait ma trajectoire et mon intégrité. C'est à ce moment-là que la découverte du hara a apporté une nouvelle dimension à ma pratique.

 

La recherche de cette fusion des haras en tant que tori est alors devenue ma quête du graal ! Avoir cette écoute profonde, cette respiration, à la fois expansion et réceptacle, n'est pas chose facile. Effectivement il ne faut pas perdre de temps et rechercher cette pratique épurée en se  débarrassant  du superflu et de tous les paramètres  environnementaux , culturels , corporels , qui font souvent écran. Cependant lorsqu'on arrive à cette pratique qui  prend seulement en compte la ligne de ki, le hara, c'est aussi  extrêmement rassurant. Moi qui ne suis pas très grande, je n'appréhende plus mes uke par leur taille ou leur poids (qui auparavant pouvaient m'impressionner ou en tout cas me questionner). Quel que soit le uke, la seule chose à prendre en compte c'est sa ligne de ki , son hara . Une fois que la fusion s'est opérée, la respiration du hara permet d'aller jusqu'au bout du bout de l'attaque du partenaire. Cette sensation-là est de plus très libératrice car la charge émotionnelle due à l'attaque disparaît.  Elle est aussi très apaisante car elle se fait dans une action d'intégration et non de séparation. 

 

Pour ce qui est d'entrer dans un dojo comme si c'était toujours la première fois, c'est quelque chose que j'ai toujours entendu, même avec maître Guiral, mais je me suis rendue compte que j'avais aussi appliqué cette pratique à mes voyages. En effet, bien que m'étant largement renseignée et ayant des images plein la tête de chaque pays que nous avons visité, j'arrivais  toujours dans un endroit comme si je n'en connaissais rien, comme si tout était nouveau, avec cette écoute profonde dont tu parles et qui permet d'arriver sans préjugés sans questions ni réponses préalables et d'être dans l'instant présent tout en restant à l'écoute. Cela m'a permis de ne rien attendre des pays que nous avons traversés et d'apprécier pleinement en accueillant chaque endroit comme il se présentait. 

 

Merci donc à plus d'un titre pour avoir permis de développer cette autre dimension de l'aïkido au travers du hara, la ligne de ki, et de renforcer cette écoute profonde et épurée . 

 

Le chemin est long mais tellement riche d'enseignements que cela vaut vraiment la peine de le parcourir !

 

Muriel

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