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21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 14:09

Bientôt trois ans que je suis parti de Toulouse, 

 

un an dans un dojo toulonnais, un an dans un autre, un an à ne rien faire d’autre que du bokken dans le jardin, et encore pas si souvent. J’ai gouté à la démesure guerrière des élèves de maître Tamura et à la science géométrique des disciples de l’aikikai. Les uns ont bien vite oublié que l’aikido est l’art de la paix, les autres font de jolis mouvements sans même comprendre pourquoi... Rien qui n’ait pu me rappeler ne serait-ce qu’un soupçon des précieux enseignements de Maitre Arilla, de Kitaura sensei, ou de chacun des enseignants de l’ ETAM. Ainsi l’aikido semblait avoir quitté ma vie. Seul le tango argentin réussissait à maintenir ce rapport à l’autre et au tout, cette relation centre à centre, cette idée de faire « avec ce que l’on nous propose », et non pas de calculer avec son mental. Et Kelly m’y a beaucoup aidé.

 

Et puis il y a ce samedi matin. Je me retrouve avec vous, sous les arbres, me demandant encore si je saurais encore pratiquer. Vos regards, vos sourires et votre joie. Je ne me suis rarement senti aussi à ma place que ce matin de mai, sur le bitume, le jo à la main. C’est comme si je n’avais jamais arrêté. Moi qui pensais avoir tout oublié, en réalité j’avais tout intégré. Quelle joie de pratiquer ainsi, dans la bienveillance et l’envie de progresser. Même si je suis un peu rouillé, je sens bien que c’est là mon chemin, que rien n’arrive par hasard, et que tout l’univers a conspiré pour que je me retrouve ici et maintenant.

La séance se termine, quelques derniers mots échangés, un au revoir chaleureux, on ne sait pas bien quand est-ce que l’on se reverra, mais on sait que ce sera bon, pour chacun de nous.

 

Roland.

 

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