16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 08:49

LA  CEREMONIE  DU  KAGAMI  BIRAKI

 

 

 

 

Fêté le 11 janvier au Japon, le Kagami Biraki signifie « ouvrir le miroir » et non pas le briser.

Traditionnellement, on brise le couvercle d'un tonneau de saké afin de le déguster lors d'une cérémonie shinto.

Lors de cette cérémonie, les participants échangent des mochi appelés Kagami mochi qui représentent le miroir dans lequel ils doivent se regarder pour faire un point sur l'année écoulée.

 

Le Shogun Tokugawa fut le premier il y a 300 ans à introduire cette cérémonie. Avant de partir en guerre, il brisa le couvercle d'un tonneau de Sake afin de le partager avec ses daimyos, les plus puissants gouverneurs féodaux. Ayant remporté la victoire, il donna naissance à cette tradition.

 

Plusieurs arts martiaux et dojos ont introduit cette cérémonie afin de souligner le premier entraînement de la nouvelle année.

A l'Aïkikaï, c'est au Kagami Biraki que sont annoncées et affichées les promotions (grades Aïkikaï) de l'année écoulée.

 

 

 

 

Le Kagami Biraki est une pratique de type rituel, vécue comme représentative du premier geste de l’année ayant un sens particulier important car il est prémonitoire de la pratique à  venir: c’est un condensé à forte valeur symbolique et un engagement à  tenir! Ce premier geste de l’année correspond à une conception cyclique du temps permettant ainsi de renouveler, de régénérer les gestes quotidiens. Le pratiquant pourra ainsi pendant l’année puiser dans la mémoire de cette cérémonie pour revitaliser sa pratique quotidienne.

 

C’est aussi la reprise des activités du dojo, de la vie communautaire des pratiquants, c’est le côté convivial  (avec ses nombreuses obligations) de la cérémonie: reprendre la vie de groupe, chacun ayant une fonction dans un dojo et devant prendre conscience de sa place. C’est là l’aspect collectif du Kagami Biraki ritualisé:

   ▪ par l’aspect martial de la pratique: saluts, le petit discours officiel de présentation de début d’année, etc.

   ▪ par le partage d’un repas, ou collation, après la démonstration technique: car ce sont les mochi mis en décoration dans le tokonoma (petit espace surélevé où se trouve le kamiza), brisés et mangés par le groupe, qui font la valeur de la cérémonie. En France nous n’avons pas ces coutumes, mais nous pouvons conserver l’idée de partage d’un repas dans le dojo après une pratique rituelle. Bien sûr une partie de cette collation peut être fournie par le dojo, mais il est essentiel qu’une partie soit offerte par les pratiquants, car ainsi les pratiquants signifient qu’ils ne sont pas que des consommateurs de pratique et de nourriture offertes.

   ▪  par le grand nettoyage (asaji) du dojo (nettoyage complet de fond en comble de toutes les pièces du dojo) exécuté quelques jours avant par tous les membres du dojo.

 

Enfin, on invite à  cette occasion la famille, les proches, gens du quartier qui viennent assister aux  premiers gestes, à  la première pratique à valeur hautement symbolique et participer à  la collation. C’est une sorte de petite porte ouverte, mais non ouverte au grand public car cette cérémonie ne constitue en aucun cas une action publicitaire d’envergure. Les personnes invitées sont ainsi soit des personnes liées au dojo, soit pouvant être intéressées par la vie du dojo ou assez ouvertes pour pouvoir comprendre le sens de cette cérémonie. En effet la pratique martiale du Kagami Biraki est tout le contraire d’un spectacle, d’une démonstration publicitaire. Devant des spectateurs favorables et ayant à  l’esprit la longue lignée des anciens et ancêtres auxquels ils sont redevables, les pratiquants, débutants et avancés, s’ingénieront à  exprimer calmement et sincèrement leur niveau et la vie de leur dojo. Donc toutes les techniques doivent être simples et doivent mettre en évidence les différents aspects de l’enseignement. La présentation technique peut aussi se faire par thème, selon les années. Bien sûr la cérémonie technique se prépare, chacun sachant à  l’avance ce qu’il va faire car il faut que les pratiquants soient à  l’aise dans ce qu’ils montrent pour pouvoir mettre leur coeur dans la pratique de leur premier geste qui exemplifiera, par son sens d’anticipation sur la pratique de l’année, l’enseignement et la vie du dojo.

Partager cet article

Repost 0
Published by Aikido ETAA - dans Vie du club
commenter cet article

commentaires