5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:00

L’ART DU CHAT MERVEILLEUX

 

 

Extrait d’un ancien livre d’inspiration taoïste et zen consacré à l’escrime écrit probablement par l’un des premiers maîtres de l’école japonaise Ittoryu fondée au XVIIème siècle. La présente version fut rapportée du japon par K. Von Durckheim.

 

Il était une fois un maître d’escrime  du nom de Shoken. Dans sa maison, un gros rat causait du désordre. Même en  plein jour il courait partout. Un jour, le  maître de maison l’enferma dans sa chambre et dit à son  chat de l’attraper. Mais le rat sauta à la gorge du chat et le mordit si cruellement qu’il se sauva en miaulant. Ensuite Shoken amena plusieurs chats du voisinage  réputés pour leur grande vaillance et les fit entrer dans la chambre. Le rat était assis, ramassé sur lui-même dans un coin.

Dès que l’un des chats l’approchait, il lui sautait dessus et le faisait fuir. Le rat avait un air si féroce qu’aucun des chats n’osait l’approcher à nouveau. Alors le maître se mit en colère et courut lui-même après le rat pour le tuer. Mais celui-ci évitait tous les coups du savant maître d’escrime  qui cassa portes, shojis, karamis et autres objets tandis que le rat fendait l’air, rapide comme l’éclair, esquivant chacun de ses mouvements. Enfin, lui sautant au visage, il le mordit.

Finalement, ruisselant de sueur, Shoken appela son serviteur. Il paraît « dit-il », « qu’à six ou sept cho d’ici vit le chat le plus vaillant du monde. Va, et amène-le.»

Le serviteur apporta le chat. C’était en fait une chatte qui ne semblait pas bien différente des autres chats. Elle n’avait l’air n’avait l’air ni particulièrement intelligente, ni particulièrement dangereuse. Aussi le maître d’escrime  ne lui fit pas d’emblée particulièrement confiance. Néanmoins, il  lui ouvrit la porte et la fit entrer. Calme et silencieuse, comme si elle ne s’attendait à rien de singulier, la chatte s’avança dans la pièce. Le rat eut un sursaut et ne bougea plus. La chatte en toute simplicité s’approcha lentement de lui, le prit dans sa gueule, et le porta dehors.

 

Dans la soirée les chats battus se réunirent dans la maison de Shoken. Respectueusement, ils offrirent à la vieille chatte la place d’honneur s’agenouillèrent devant elle et dirent modestement : « Tous, nous avons la réputation d’être vaillants. Nous nous sommes entraînés dans cette voie et nous avons aiguisé nos griffes afin de vaincre n’importe quel rat, ou même des loutres et des belettes. Jamais, nous n’aurions cru qu’il put exister un rat aussi fort. Par quel art l’avez-vous vaincu aussi facilement ? N’en faites pas un secret, dites-le nous. »

Alors, la vieille chatte rit et dit : « Vous autres jeunes chats, tout en étant assez vaillants, vous ignorez la vraie Voie. C’est ainsi que vous manquez de réussite  quand vous trouvez en face de quelque chose dont vous n’aviez aucune idée. Mais d’abord, dites-moi comment vous vous êtes entraînés ? »

 

Alors, un chat noir s’approcha et dit : « Je suis issu d’une lignée célèbre en capture de rats. Aussi, je décidai de poursuivre dans cette voie. Je sais sauter des paravents hauts de deux mètres. Je sais m’insérer dans un trou minuscule où seul un rat peut se glisser. Tout enfant, je me suis exercé dans tous les arts acrobatiques. Même si, sortant du sommeil, quand je ne suis pas encore tout à fait présent, au moment où je rassemble mes esprit, je vois un rat courir sur une poutre, d’un saut je m’en empare. Mais ce rat-ci était le plus fort que j’aie jamais rencontré et j’ai subi la plus épouvantable défaite de ma vie. J’en ai honte. »

Alors, la vieille chatte dit : « Ce en quoi tu t’es exercé, ce n’est proprement rien d’autre qu’une technique, (shosa, un art purement physique). Quand les anciens enseignèrent la technique c’était pour eux une des formes de la Voie (michisuji). Leur technique était simple mais enfermait dans son sein la plus haute sagesse. Le monde d’aujourd’hui s’occupe uniquement de technique. Certes, beaucoup de choses furent inventées ainsi d’après la recette : « à condition de faire ceci ou cela, on obtient ceci ou cela. » Mais qu’obtient-on ? Rien que de l’habileté. En abandonnant  la voie traditionnelle, on instaura, par usage de l’intelligence jusqu’à l’abus, la compétition dans la technique et maintenant on n’avance plus. C’est toujours ainsi, si on ne pense à rien d’autre qu’à la technique et si on ne se sert que de son intelligence. Bien sûr, elle est une fonction  de l’esprit, mais si elle ne prend pas racine dans Ia Voie et si elle vise l’habileté seulement, elle devient le germe du faux et le résultat est néfaste. Donc recueille-toi et exerce-toi  dorénavant dans le sens juste. »

 

Alors, un gros chat au pelage tigré s’approcha et dit : « C’est, je pense, uniquement l’esprit qui compte dans l’art chevaleresque. Ainsi, depuis toujours, je me suis exercé en ce pouvoir (ki voneru). Maintenant, il me semble, mon esprit est dur comme l’acier et libre ; rempli de l’esprit qui comble terre et ciel. A peine l’ennemi perçu, déjà cet esprit tout puissant le fascine et d’avance, la victoire est à moi.  Alors seulement j’approche, sans réfléchir, tout comme la situation l’exige. Je m’oriente d’après le « son » de mon adversaire. Je fascine le rat d’après mon bon vouloir, à droite, à gauche, j’appréhende chacun de ses mouvements.  Quant à la technique comme telle, je n’en ai cure. Elle se fait d’elle-même. Un rat qui court sur une poutre : je le fixe  et déjà il tombe, il est à moi. Mais ici, ce rat mystérieux arrive sans forme et s’en va sans trace. Qu’est-ce ? Je l’ignore. »

Alors, la vieille chatte dit : « Ce pourquoi tu t’es donné de la peine, n’est qu’une force psychique et ne ressort pas du bien qui mérite le nom de bien. Le fait seul d’être conscient du pouvoir dont tu veux te servir pour vaincre suffit pour agir contre ta victoire. Ton moi entre en jeu. Mais si le moi de l’autre est plus fort que le tien, qu’arrivera-t-il ? Si tu veux vaincre l’ennemi uniquement par ta force supérieure, il t’oppose la sienne. T’imagines-tu être le seul fort, et crois-tu tous les autres faibles ? Mais comment se comporter s’il existe quelque chose que l’on ne peut pas vaincre, avec la meilleure volonté, par sa propre force, fut-elle supérieure ? Voilà 1a question ? La force spirituelle que tu sens en toi « dure comme l’acier, libre et remplissant terre et ciel », ce n’est pas la grande Puissance (Ki-no-sho) elle-même, mais son reflet seulement. Et ainsi ton propre esprit est seulement l’ombre du grand Esprit. Il paraît être la vaste Puissance, mais en réalité il est tout autre chose. L’Esprit dont parle Mencius est fort parce qu’il est éclairé en permanence d’une grande clairvoyance. Mais ton esprit ne dispose de sa puissance que dans certaines conditions. Ta force et celle dont parle Mencius sont d’origine différente et ainsi leur effet aussi est différent. Elles sont tout aussi opposées que le courant éternel du Yang-Tsé-Kiang et un raz de marée nocturne, subit. Mais de quel esprit faut-il faire preuve, quand on se trouve en présence de ce qui ne peut être vaincu par aucune force spirituelle contingente (kisei). Un dicton dit : «  Un rat piégé mord même le chat. » L’ennemi en face de la mort ne dépend de rien. Il oublie sa vie, il oublie tout besoin, il s’oublie lui-même, il est libre de vaincre et d’échouer. Il ne vise plus à préserver son existence. Et c’est ainsi que sa volonté est telle que l’acier. Comment le vaincre avec une force spirituelle que l’on s’attribue soi-même ? »

 

Alors un chat gris, plus âgé, s’inclina et dit :« Oui, en vérité, c’est ainsi que vous le dites. Aussi grande que puisse être la puissance psychique, elle a en soi une forme (katachi). Mais tout ce qui a une forme, quelque subtil qu’il soit, est saisissable. C’est pourquoi, depuis longtemps, j’ai entraîné mon âme (kokoro : la puissance du Coeur). Ce n’est pas moi qui exerce cette puissance qui terrasse l’autre spirituellement (le « soi », comme le deuxième chat). Je ne me bagarre pas non plus (comme le premier chat). Je me « concilie » celui qui est en face de moi, ne fais qu’un avec lui et ne m’oppose d’aucune façon. Quand l’autre est plus fort que moi je cède et m’abandonne, pour ainsi dire, à sa volonté. D’une certaine façon, mon art consiste à s’emparer d’un jet de gravier avec un filet souple. Le rat qui veut m’attaquer, aussi fort qu’il soit, ne trouve rien où s’appuyer, rien d’où s’élancer. Or, ce rat-ci n’a pas joué le jeu. Il est arrivé, il est parti, insaisissable comme une divinité. Jamais je n’ai rien vu de pareil. »

Alors la vieille chatte répondit : « Ce que tu appelles conciliation ne procède pas de l’Etre, de la grande Nature. C’est une conciliation voulue, artificielle, une astuce. Consciemment, tu veux échapper ainsi à l’agressivité de l’ennemi. Mais, si tu y penses, fût-ce furtivement, il s’aperçoit de ton intention. Or si dans une telle disposition tu te montres conciliant, ton esprit prêt à l’attaque se trouble ; ta perception et ton acte sont perturbés dans leur tréfonds. Tout ce que tu entreprends avec une intention consciente entrave la vibration originelle de la grande Nature, gêne le surgissement de sa source secrète et perturbe le cours de son mouvement spontané. D’où viendrait alors l’efficacité miraculeuse ?
C’est uniquement, en ne pensant à rien, en ne voulant rien et en ne faisant rien, mais en t’abandonnant dans ton mouvement à la vibration de l’Etre, que tu n’aurais pas de forme saisissable. Rien sur terre ne peut surgir comme antiforme. Et ainsi il n’y a plus d’ennemi qui puisse résister. Je ne suis nullement d’avis que tout ce que vous vous êtes efforcés d’acquérir soit sans valeur. Tout et n’importe quoi peut être une manière de suivre la Voie. Technique et Voie peuvent être identiques. Dans ce cas, le grand Esprit, « l’agissant », est intégré en elle et se manifeste dans l’action du corps. La force du grand Esprit (ki) sert la personne humaine (ishi). Celui dont le Ki est libre sait affronter tout, de la juste manière, dans sa liberté infinie. Au combat, sans se servir d’une force particulière, son esprit, en état de conciliation, ne cédera ni à l’or ni à la pierre. Une seule chose importe : que pas le moindre soupçon de conscience de soi n’entre en jeu, sinon tout est perdu. Si on pense au but, même d’une façon fugitive, tout devient artificiel. Cela ne procède pas de l’Etre, de la vibration originelle de la voie-corps (do-tai). Dans ce cas, l’ennemi ne sera pas à votre merci, il vous résistera.

Alors quel procédé, quel art, doit-on utiliser ? C’est seulement si tu es dans l’état où tu es libre de toute conscience du moi (mu-shin), seulement si tu agis « sans agir », sans intention et sans astuce – en harmonie avec la grande Nature – c’est alors seulement, que tu es sur la vraie Voie. Abandonne toute intention, entraîne-toi à la non-intentionnalité et laisse faire l’Etre. Cette Voie est sans fin et inépuisable. »

Et puis, la vieille chatte ajouta encore quelque chose d’étonnant : « Vous ne devez pas croire que ce que je viens de vous dire soit ce qu’il y a de plus élevé. Il n’y a pas longtemps, dans un village voisin du mien, vivait un matou. A longueur de journée il dormait. Rien en lui ne laissait soupçonner quoi que ce soit ressemblant à une force spirituelle. Il était là, étendu comme un morceau de bois. Jamais personne ne l’avait aperçu attrapant un rat. Or là où il dormait et vivait aussi bien qu’aux environs, il n’y avait pas de rats. Où qu’il apparut et s’étendit, on ne voyait plus aucun rat. Un jour je lui rendis visite et lui demandai comment il fallait interpréter ce fait. Je ne reçus point de réponse. Trois fois encore, je posai ma question. Il se tut. Non parce qu’il ne voulait répondre, mais parce que, de toute évidence, il ne savait quoi répondre. Ainsi je sus : « Celui qui sait quelque chose, ne le sait pas. » Ce matou s’était oublié lui-même et avait du même coup oublié toutes choses autour de lui : il était devenu « rien » et avait atteint le plus haut degré de non-intentionnalité. Et nous pouvons dire qu’il avait trouvé la divine Voie du chevalier : Vaincre sans tuer. Je suis loin derrière lui. »

 

Shoken entendit tout ceci comme dans un rêve. Il s’approcha, salua la vieille chatte et dit : « Depuis bien longtemps déjà je m’entraîne dans l’art de l’escrime, mais je n’en ai pas encore atteint la fin. J’ai écouté vos propos et crois avoir compris le vrai sens de ma voie ; mais instamment, je vous en prie : dites-moi encore quelque chose de plus sur votre secret.»

Alors la vieille chatte dit : « Comment ceci serait-il possible ? Je ne suis qu’un animal et le rat est ma nourriture ; que sais-je des affaires humaines ? Je sais uniquement ceci : le sens de l’art de l’escrime n’est pas de vaincre un adversaire. Bien mieux, grâce à cet art on arrive à un moment donné dans la grande clarté de la base lumineuse de la mort et de la vie (seishi wo akiraki ni suru). Un vrai chevalier, à travers ses exercices, doit s’adonner à l’entrainement spirituel dans le sens de cette clarté. Or pour ce faire, il lui faut avant toute chose explorer la doctrine de la base de l’être, de la vie, de la mort et de l’ordre de mort (shi no ri). Mais celui-là seul qui est libre de tout ce qui le distrait de la Voie, et surtout de la pensée qui limite et arrête, peut atteindre la grande clarté. Non troublé, laissé à lui-même, libéré du moi et de toute chose, l’Etre et son mouvement (shinkt) se manifestera en toute liberté quand et là où il le faudra. Mais si le cœur est attaché, fut-ce d’une manière tout à fait ténue, l’être est entravé et figé. Or, s’il est devenu un « figé-en-soi », il existera également un moi figé en lui-même et quelque chose qui s’oppose à lui. Ainsi deux forces s’opposent et luttent pour leur existence. Mais dans ce cas, les meilleures fonctions de l’Etre, qui sont à la hauteur de tout changement, sont inhibées. Et si la mort se montre alors, le sens de la clarté propre à l’Etre est perdu. Comment en cet état pourrait-on affronter l’ennemi de la bonne façon et envisager tranquillement victoire ou défaite ? Même si on obtenait la victoire, ce ne serait qu’une victoire aveugle qui n’a rien à voir avec le sens de l’art de l’escrime véritable. Etre libre de toute chose ne signifie point le vide. L’être en tant que tel n’a pas de nature propre. Il est au-delà de toutes les formes. Il n’accumule non plus rien en lui. De sorte que si jamais on cherche à retenir la chose la plus infime, la grande Force s’y accroche et l’équilibre originel des forces est perdu. Pour peu que l’Etre se trouve attaché à quelque chose, il n’est plus libre de se mouvoir et ne jaillit plus dans son abondance pleine et entière. Si l’équilibre provenant de l’Etre est dérangé, sa force déborde vite là où elle peut s’écouler malgré tout, mais là où elle ne peut s’écouler, rien ne suffit. Donc ce qui s’appelle liberté de toute chose ne signifie rien d’autre que ceci : si on n’accumule rien, si on ne s’appuie sur rien, si on ne fige rien, il n’y a ni fort ni contrefort, ni moi ni contre moi. Et s’il arrive quelque chose, on le rencontre comme inconsciemment et il ne laisse pas de trace. Dans Eki (« le livre des transmutations ») il est dit : « sans penser, sans agir, sans mouvement, tout silencieux : ainsi seulement peut-on témoigner de l’Etre et de la Loi des choses par l’intérieur, tout inconsciemment, et enfin devenir un avec Ciel et Terre. » Celui qui exerce l’art de l’escrime de cette façon et vit ainsi est proche de la vérité de la Voie. »

 

Shoken, entendant cela, demanda : « Que signifie qu’il n’y a ni moi ni contre moi, ni sujet ni objet ? »

La chatte répondit : « Parce qu’il y a un moi, il y a aussi un ennemi. Si nous ne nous manifestons pas en tant que moi, il n’y aura pas non plus d’adversaire. Ce que nous appelons ainsi n’est qu’un autre nom pour ce qui  signifie opposition. Aussi longtemps que les choses gardent une  forme, elles ont toujours une contre-forme. Chaque fois quelque chose se fige, il y a une forme particulière. Si mon être n’est pas conçu en tant que forme particulière, il n’en existe pas de contre-forme non plus. Là où il n’y pas d’opposition, il n’y a rien non plus qui puisse être contre. Or ceci signifie : il n’y a ni moi, ni contre moi ; si on s’abandonne soi-même complètement, si on devient ainsi libre de toute chose, on est en harmonie avec l’univers, un avec toute chose, dans la grande Solitude. Même si la forme de l’ennemi s’éteint, on n’en prend pas conscience. Non pas, que l’on ne s’en aperçoive pas, mais on ne s’y arrête pas ; l’esprit se meut, continuellement libre de toute fixation et répond simplement en agissant librement du fond de l’être. Si l’esprit est libre de toute occupation, le monde, tel qu’il est, est entièrement notre monde et ne forme qu’un avec nous. On l’appréhende alors au-delà du bien et du mal, de la sympathie et de l’antipathie. On n’est plus gêné en rien et nulle part on n’est attaché. Toutes les oppositions : gain et perte, bien et mal, souffrances et joies, proviennent de nous. C’est pour cela que dans toute l’étendue du Ciel et de la Terre, rien ne mérite autant d’être connu que notre être propre. Un poète ancien dit : « Un grain de poussière dans notre œil  et les trois mondes sont encore trop étroits. Si nous ne tenons plus à rien, le lit le plus petit est encore vaste. » Ceci veut dire : si un grain de poussière pénètre dans l’œil, celui-ci ne peut plus s’ouvrir, car une vue claire n’est possible qu’à condition qu’il soit vide. Puisse ceci nous servir de parabole pour l’Etre, qui est lumière illuminante et libre en soi de tout ce qui est quelque chose.Un autre poète dit : «  Entouré d’ennemis, cent mille en nombre, je serai écrasé en tant que forme. Mais l’Etre est et reste mien, aussi fort que soit l’ennemi. Aucun ennemi ne peut jamais le pénétrer. » Confucius dit : « Même l’Etre d’un homme simple ne peut être volé. » Mais si l’esprit devient désordonné, l’Etre se tourne contre nous-mêmes. C’est tout ce que je puis vous dire. Maintenant recueillez-vous et cherchez en vous-même. » Un maître ne peut qu’essayer d’informer son disciple et de lui exposer ses raisons. Mais moi-même seul suis capable de reconnaître la vérité et de l’intégrer. Ceci est appelé l’intégration de soi : (jitoku). La transmission se fait de Coeur à Coeur (ishin denshin). C’est une transmission au-delà de la doctrine et de l’érudition (kyogai betsuden). Ceci ne signifie pas : contredire le maître. Ceci veut dire simplement : « même un maître ne saurait transmettre la vérité ». Ceci n’est pas uniquement valable pour le Zen.

 

A partir des exercices spirituels des anciens, en passant par la culture de l’âme, jusqu’aux beaux-arts, c’est l’intégration de soi qui est toujours le noyau central, et ceci n’est transmissible que de Coeur à Coeur. Tout « enseignement » se borne à indiquer, à orienter vers ce qui se trouve déjà en soi-même sans qu’on le sache. Donc il n’y a pas de secret que le maître puisse « transmettre » à son disciple. Il est facile d’enseigner. Il est facile d’écouter. Il est difficile de prendre conscience de ce que l’on a en soi ; de le trouver et d’en prendre possession effectivement. Ceci est appelé : « Regarder dans son propre être. Vision d’Etre (ken-sei, ken- sho) ».Si cela nous arrive, nous avons le Satori : le grand Réveil du rêve, des illusions. Se réveiller, regarder dans son propre être, appréhender la Vérité de Soi : tout ceci, c’est la même chose.

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:03

 

 

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BRAVO A TOUTE

 

L'EQUIPE DU NETTOYAGE

 

CAR SANS SES PARTICIPANTS

LE KAGAMI BIRAKI N'AURAIT PU ETRE CE QU'IL A ETE

 

 

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photo 1  photo 2

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 20:00

D'ABORD UN DOJO TOUT PROPRE PRET A RECEVOIR LES INVITES
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APRES UN DISCOURS

ET 5 MINUTES DE CHAUFFE

 

35 MINUTES DE TRAVAIL

SEUL ET EN COMMUN

 

DSC03928POUR FINIR SUR UNE NOTE CONVIVIALE

 PLEINE DE GOURMANDISES

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 16:44

 

 

Les enseignants et les membres du bureau vous présentent leurs meilleurs vœux pour cette année 2014  

que nous souhaitons, pour chacun d’entre vous et ceux qui vous sont chers,  

source de progrès et d’épanouissement personnels et professionnels.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 15:58

 

 

FELICITATIONS AUX NOUVEAUX INSCRITS A VERDUN CETTE ANNEE

 

 

REUSSITE AU 6 EME KYU

 

AUDREY

 

LAURENT

 

GABRIEL

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 09:17


Dans la revue Association Culurelle Française d'Aikido


  n° 6 du 3ème trimestre 1970



Cette lettre de Maître Guiral qui nous parle de ses relations avec Maître Kitaura.

 

maitre Guiral 001

 

C'est vrai je n'ai pas regretté,

stage à Palma de Majorque dirigé par Maître Asai et Maître Kitaura

en juin 2003.

 

Raphaël

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 08:49

LA  CEREMONIE  DU  KAGAMI  BIRAKI

 

 

 

 

Fêté le 11 janvier au Japon, le Kagami Biraki signifie « ouvrir le miroir » et non pas le briser.

Traditionnellement, on brise le couvercle d'un tonneau de saké afin de le déguster lors d'une cérémonie shinto.

Lors de cette cérémonie, les participants échangent des mochi appelés Kagami mochi qui représentent le miroir dans lequel ils doivent se regarder pour faire un point sur l'année écoulée.

 

Le Shogun Tokugawa fut le premier il y a 300 ans à introduire cette cérémonie. Avant de partir en guerre, il brisa le couvercle d'un tonneau de Sake afin de le partager avec ses daimyos, les plus puissants gouverneurs féodaux. Ayant remporté la victoire, il donna naissance à cette tradition.

 

Plusieurs arts martiaux et dojos ont introduit cette cérémonie afin de souligner le premier entraînement de la nouvelle année.

A l'Aïkikaï, c'est au Kagami Biraki que sont annoncées et affichées les promotions (grades Aïkikaï) de l'année écoulée.

 

 

 

 

Le Kagami Biraki est une pratique de type rituel, vécue comme représentative du premier geste de l’année ayant un sens particulier important car il est prémonitoire de la pratique à  venir: c’est un condensé à forte valeur symbolique et un engagement à  tenir! Ce premier geste de l’année correspond à une conception cyclique du temps permettant ainsi de renouveler, de régénérer les gestes quotidiens. Le pratiquant pourra ainsi pendant l’année puiser dans la mémoire de cette cérémonie pour revitaliser sa pratique quotidienne.

 

C’est aussi la reprise des activités du dojo, de la vie communautaire des pratiquants, c’est le côté convivial  (avec ses nombreuses obligations) de la cérémonie: reprendre la vie de groupe, chacun ayant une fonction dans un dojo et devant prendre conscience de sa place. C’est là l’aspect collectif du Kagami Biraki ritualisé:

   ▪ par l’aspect martial de la pratique: saluts, le petit discours officiel de présentation de début d’année, etc.

   ▪ par le partage d’un repas, ou collation, après la démonstration technique: car ce sont les mochi mis en décoration dans le tokonoma (petit espace surélevé où se trouve le kamiza), brisés et mangés par le groupe, qui font la valeur de la cérémonie. En France nous n’avons pas ces coutumes, mais nous pouvons conserver l’idée de partage d’un repas dans le dojo après une pratique rituelle. Bien sûr une partie de cette collation peut être fournie par le dojo, mais il est essentiel qu’une partie soit offerte par les pratiquants, car ainsi les pratiquants signifient qu’ils ne sont pas que des consommateurs de pratique et de nourriture offertes.

   ▪  par le grand nettoyage (asaji) du dojo (nettoyage complet de fond en comble de toutes les pièces du dojo) exécuté quelques jours avant par tous les membres du dojo.

 

Enfin, on invite à  cette occasion la famille, les proches, gens du quartier qui viennent assister aux  premiers gestes, à  la première pratique à valeur hautement symbolique et participer à  la collation. C’est une sorte de petite porte ouverte, mais non ouverte au grand public car cette cérémonie ne constitue en aucun cas une action publicitaire d’envergure. Les personnes invitées sont ainsi soit des personnes liées au dojo, soit pouvant être intéressées par la vie du dojo ou assez ouvertes pour pouvoir comprendre le sens de cette cérémonie. En effet la pratique martiale du Kagami Biraki est tout le contraire d’un spectacle, d’une démonstration publicitaire. Devant des spectateurs favorables et ayant à  l’esprit la longue lignée des anciens et ancêtres auxquels ils sont redevables, les pratiquants, débutants et avancés, s’ingénieront à  exprimer calmement et sincèrement leur niveau et la vie de leur dojo. Donc toutes les techniques doivent être simples et doivent mettre en évidence les différents aspects de l’enseignement. La présentation technique peut aussi se faire par thème, selon les années. Bien sûr la cérémonie technique se prépare, chacun sachant à  l’avance ce qu’il va faire car il faut que les pratiquants soient à  l’aise dans ce qu’ils montrent pour pouvoir mettre leur coeur dans la pratique de leur premier geste qui exemplifiera, par son sens d’anticipation sur la pratique de l’année, l’enseignement et la vie du dojo.

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 14:38

 

MISE EN PLACE DE PANNEAUX SIGNALETIQUES

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 18:07

Il n'y aura pas de cours ce vendredi 18 octobre,

en raison du stage de Shu Kitaura Sensei à l'ETAM.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 16:51

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VERDUN SUR GARONNE DOJO AMETSUCHI  

Notre Dame de la Croix chemin de Biroulan 82600 Verdun s/g

 

COURS LE VENDREDI DE 19 H à 20 H 30

 

 

photo 

 

ETAM 

45 rue des Fontaines 31300 Toulouse

 

COURS : LUNDI DE 18 H 30 à 20 H 30

    MARDI DE 12 H 15 à 13 H 15 ET DE 20 H 30 à 22 H

    MERCREDI DE 12 H 15 à 13 H 15

    JEUDI DE 18 H 45 à 20 H 15

    SAMEDI DE 9 H 45 à 11 H 45

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